Archives Journalières: 9 septembre 2011
Vieux rhinocéros ( Notes de Kasuisai Japon)
Pour certains vieux rhinocéros, un nouveau courant axé sur la liberté individuelle prend racine, sans pourtant nous offrir une once de propositions concrètes pour l’appréhender. Les nouvelles tendances qui consistent à faire de tout une question relative à l’individualisme ne vont pas, me semble t-il, dans le sens de ma démarche et pourtant je ne peux pas les ignorer. Les ignorer serait une façon de se mettre en marge et de perdre pieds.
Alors, il m’arrive de penser que celui qui prétendrait vouloir trouver une solution pour le bien de l’espèce humaine ne peut se contenter d’une question sur « l’individuel ». Il faut que je l’avoue, j’ai pris pour postulat l’altruisme comme relation entre aux moins deux êtres et l’individuel pour un être_isolé. Allez donc savoir pourquoi, je ne parviens pas à concevoir l’humain comme un être_isolé, mais comme ayant conjointement besoin de liant et d’autonomie. Peut-on imaginer qu’un être_ isolé puisse sortir de sa souffrance sans recevoir et accepter l’autre ? Peut-on tout autant imaginer qu’un être dépendant puisse le faire ? Pour ne pas être un loup ou un mouton, comment pourrai-je gérer à la fois cette nécessité du liant et ce besoin d’autonomie ? L’autonomie et le liant demandent à l’homme, me semble-t-il, d’exercer un contrôle sur lui-même et sur la satisfaction de ses désirs. Est-ce du domaine de la morale ou de l’éthique ?
J’ai un faible pour l’idée de devoir me forger une éthique nouvelle pouvant réinstaurer à la fois du liant et de l’autonomie. Une sorte de responsabilité altruiste, qui ne serait pas qu’un devoir de morale plastique, et qui ferait appel à la créativité et à l’humilité. Pourquoi et comment ? Pour le moment je n’en sais rien et je me trouve soudainement bien démuni. Je me demande si ce que je suis en train d’échafauder est vraiment nécessaire. Au niveau de l’humanité je ne crois pas, mais au niveau personnel je me dis que cela ne me fera pas de mal.
Il est temps d’aller à l’office du soir, tout reste en chantier dans mon esprit, et je ne sais si un jour je parviendrais à répondre à toutes mes questions. Durant l’office me vient à la mémoire une phrase d’Euripide : certaines sagesses doivent s’apprendre des sages. Ne suis-je pas au bon endroit ? Bien, me dis-je, mais ce n’est pas pour autant que certains vieux rhinocéros pétris de préconisations peuvent se prévaloir de la sagesse. Subitement, je pris goût aux offices quotidiens.
Kakudo Osho ( Notes de Kasuisai Japon) Recopier par Anaïs [Image copyright origine google]
