Hishiryo ( Notes de Kasuisai Japon)


J’ai retenu ce matin que la pratique développe une certaine sagacité. Le mot me semble familier et pourtant il ne me dit rien. J’en conclu que regarder dans le dictionnaire serait une bonne chose.

La sagacité n’est rien d’autre que découvrir et démêler promptement et sûrement les choses les plus difficiles, les plus cachées. Cela me fit sourire car je n’en savais rien. Le constat de connaître le sens des mots sans en connaître la définition académique me fait toujours cet effet. Puis, par précaution, je décidai de reconsidérer ma définition pour ne pas sombrer dans facilité de croire que seul ce qui est déjà connu porte la solution, même si je me dis que parfois il nous faut accepter d’écouter la langue – sa langue – dans ce qu’elle nous révèle.

Parfois un concept peut en cacher un autre. Dans la chambrée, avant que je vienne sous ce vieux cyprès, nous discutions du concept d’Hishiryo|非 思量. Il y eut autant d’interprétations que de feuilles mortes sur le chemin. Après avoir échangé quelques nom d’oiseaux affectueux, nous acceptâmes d’un commun accord la définition suivante : Hishiryo|非 思量, au-delà de la pensée comme de la non-pensée. Bien que je sois persuadé qu’avec une définition énigmatique comme celle-ci, sans un tuteur érudit et expérimenté comme référant, on va assurément aux fraises. Je décidais de continuer mon investigation. Je me mis à rechercher ce que ce terme signifiait pour nos patriarches.

Il nous vient du sanskrit, acintayitvā, pour signifier un état de non-discrimination ou d’être libéré de tout attachement aux idées conceptuelles. Donc, j’en viens à me dire qu’Hishiryo|非 思量 c’est se libérer de tout attachement du support à partir duquel mes pensées prennent essor. En poussant encore d’avantage le raisonnement, j’en arrive au fait que « se libérer de tout attachement du support »  doit aussi être abandonné, sinon rien ne serait prétendu abouti.

Pourquoi j’en viens à cela, me demandé-je ? Quand soudain la « libérationt du support » prit un autre chemin balisé par les termes au-delà, dépasser, surpasser, et que j’en arrivai au fait que la libération du support deviendrait aussi limitant et méritait de ce fait d’être abandonnée.

Ne suis-je pas en train de m’aventurer dans ce qui est dit de la transcendance ? Y-aurait-il de la transcendance ponctuellement dans l’immanence ? L’appel général me sort alors de ma réflexion, je rejoins le lieu de rassemblement, c’est le temps du samu mais ce matin-là ce fut le temps de Kanon. C’est ce que je me suis dis subrepticement, puis armé d’un balai et d’une pelle je me suis occupé des feuilles mortes. Alors, même Hishiryo|非 思量 fut abandonné.

Kakudo Osho

(Texte contrôlé avec The plagiarism Checker University of Maryland et sur plagium )
Une faute d’orthographe, une erreur à signaler ? Une précision à apporter ? Ecrivez nous.

[Crédit photo Kogan Hosen Ji Ermitage Vernier]

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Les membres de la Sangha " Le Jardin des Simples "à Kogan Hosen JI Genève qui suivent J.Y. Kakudo Pierre Gérard à Genève.

Posté le 22 juillet 2012, dans Bouddhisme, Chronique, Reflexion. Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

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