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L’éveil est à double face ( notes de Kasuisai)
Ce matin, Il m’est venu à l’esprit que l’Eveil est à double face. Il y a un endroit et un envers. L’endroit, le symbolique et l’envers, le réel. L’endroit me semble extrêmement simple car on en parle souvent mais l’autre, l’envers, sa compréhension fait défaut. N’y-a-t-il aucune corrélation entre les mots et le réel ? Le langage ne ferait-il pas partie de l’éveil ?
J’en conclu avec hâte, j’en conviens, que ce qui est dit de l’éveil n’est que symbolique , un héritage d’autrui et qu’il devrait se limiter pour qu’il puisse se réaliser dans l’ordinaire. Quand soudain me vient cette assertion : L’expérience de l’éveil est métempirique. Il semble ne pas se fonder sur une connaissance objective. S’il est une vérité – on peut en douter – est-elle transcendante ou immanente ? En clair, l’éveil est-il un phénomène de la conscience ?
Assis sous un arbre centenaire, je me surprends en flagrant délit d’a-connaissance – « a » pour la notion de privation, celle d’absence et surtout pour défaut de connaissance. En effet, je ne parviens pas à expliciter ce qui m’est venu à l’esprit quelques minutes auparavant. Ce qui voudrait dire que je ne saurais ou ne pourrais jamais le dire à quiconque, ou alors faire le choix de ne parler qu’au nom des autres en me faisant passer pour un écrivailleur ou un prêcheur. Sur qui se fonder ? Les patriarches et Maître Dōgen ? De quel droit ?
Mais que deviennent mon expérience et mes mots, dois-je me faire à l’idée d’être à jamais inexpressif, ou comme dit le genevois Rousseau « ne pas être public » ? Pour le bien de tous les êtres ? Cela me semble une bonne résolution, alors que je peux, aux dires de mon père, être parfois un sacré brailleur .
Kakudo Osho ( Notes de Kasuisai Japon) Recopier par Anaïs [Image copyright origine google]
GYOJI | 行持
Gyoji pourrait se traduire, à partir du texte de Maître Dōgen, comme suit : une pratique constante. Inlassable pratique. Conduite qui se poursuit indéfiniment sans s’arrêter. Il arrive parfois que Gyoji soit traduit par duty en anglais. Est-ce correct ?
Certains maîtres occidentaux du zen y font référence lorsqu’ils cherchent à concilier la vie quotidienne « ordinaire » et la vie contemplative. Souvent, leur démarche se limite à donner des recommandations pratiques. Dans un monde où chaque pensée, chaque sentiment est conditionné par son utilité, ces recommandations permettent-elles aux disciples de tenter de dépasser véritablement l’approche matérialiste et intellectuelle, ou ce qui importe est-ce de trouver une méthode qui permettrait d’améliorer leur efficacité et leur rendement ? Est-il possible d’abandonner le fait de vouloir être ou paraître, après avoir pris connaissance des préconisations de ces maîtres?
Lorsque j’ai interrogé Kakudō Osho sur ce qu’il pensait de Gyoji, ce dernier me dit : - Pas grand-chose. Cela ne se pense pas. Cela ne se décrète pas à partir d’une feuille de route. C’est son quotidien englobé par le souci d’humilité qui devient spirituel. Le quotidien devient lieu et temps de pratique, parce que nous avons su faire la jonction, qui devient un continuum avec notre véritable nature. La sacralisation de son existence comme existence. Le monde réel devient le temple. Je me fonds dans ce temple. Etre ou se dire pratiquant du zen ne devient alors qu’un adjuvant. Y’aurait-il un autre lieu ou un autre temps ?
Il arrive parfois que se dire pratiquant du zen ne soit qu’un rite. Il lui est alors donné l’efficience qu’il n’a pas et ne parvient pas à ce souci d’humilité qui devient spirituel. Vouloir adopter une attitude labélisée Gyoji, révèle une complète ignorance, une totale inconscience nourrie de vanité.
J’aime et je n’aime pas quand Kakudō Osho me parle ainsi, il me laisse les bras ballants et j’osai le lui dire. Je vous donne sa réponse :- Quand tu as les bras ballants, au moins tu es sûr de ne pas pouvoir saisir et vouloir porter une charge. Il faut lire Gyoji, il faut lire les essais des autres maîtres, mais à la lumière de ta propre réalisation à des époques différentes de ta vie. Cela est mieux que rien, si tu l’acceptes comme ce qui peut être fait en attendant que ton heure arrive.
La chronique du dimanche de Jikei 慈恵 pour Zenplanet (Texte contrôlé avec The plagiarism Checker University of Maryland et sur plagium ) Une faute d’orthographe, une erreur à signaler ? Une précision à apporter ? Ecrivez nous. [Crédit photo Google]
