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Paroles Zen
Apparemment, c’est une version animée du même livre, un recueil d’anciennes histoires zen sous forme de bande dessinée.
Savoir, croire & agir
Wittgenstein considère que « la loi de causalité n’est pas une loi, mais la forme d’une loi » [T 6.32]. C’est ce que Helmholtz avait déjà dit, à peu près dans les mêmes termes. Autrement dit : « “Loi de causalité”, c’est un nom générique. Et, de même qu’il y a en mécanique, disons, des lois de minimum – par exemple de moindre action –, il y a en physique des lois de causalité, des lois ayant la forme de la causalité. » [T 6.321] Plus loin, Wittgenstein remarque que « ce qui peut être décrit, cela peut également arriver, et ce que la loi de causalité est censée exclure, cela ne peut pas non plus être décrit » [T 6.362]. Cela signifie que, à la différence d’une hypothèse causale ou d’une loi causale, la « loi » de causalité n’est pas elle-même une hypothèse ou une loi. Nous ne croyons pas pour des raisons plus ou moins déterminantes au principe de causalité, nous savons a priori que les phénomènes pourront être décrits de façon causale. Comme le dit Wittgenstein à propos d’une autre de ces lois qui n’en sont pas, « nous ne croyons pas a priori à une loi de conservation, nous savons a priori la possibilité d’une forme logique » [T 6.33].
5Dans une lettre à Russell du mois de janvier 1914, Wittgenstein suggère que la loi de causalité pourrait équivaloir simplement à l’affirmation du caractère relatif de l’espace et du temps. Car des événements qui se produiraient sans raison suffisante ne sont pas impensables en eux-mêmes : « aucuneintuition a priori ne nous fait apparaître de tels événements comme impossibles, sinon précisément dans le cas où l’espace et le temps sont relatifs.3 » S’il en est ainsi, ce que la loi de causalité exclut est précisément que les phénomènes puissent être pensés et décrits par rapport à un référentiel spatio-temporel absolu.
6Quoi qu’il en soit de ce point précis, il est clair qu’il y a une analogie importante entre les principes de la nature et les lois logiques puisque, s’il est vrai que les premiers ne sont pas des tautologies et que leurs négations ne sont pas des contradictions logiques, ils montrent néanmoins, tout comme les secondes, quelque chose qui ne peut être dit. D’autre part, comme le remarque Wittgenstein [T 6.3211], ils résultent d’une certaine idée que nous nous faisons a priori de la logique du monde : les hommes ont eu le « pressentiment » que l’univers devait pouvoir être décrit selon des lois d’une certaine forme, avant d’être capables de formuler de façon précise les lois en question. (Ce pressentiment, qu’il soit conscient ou non, est en un certain sens la condition nécessaire de toutes les grandes découvertes théoriques.)
Ce texte n’est qu’un extrait de l’ouvrage ESSAIS III. WITTGENSTEIN & LES SORTILÈGES DU LANGAGE | Jacques Bouveresse. pour le lire dans son intégralité sur OpenEdition Books
